Entre canicule et inflation, les Français adaptent leurs vacances d’été
Entre canicule et inflation, les Français adaptent leurs vacances d’été
Près de six Français sur dix partiront en vacances en juillet ou en août. Mais ils cherchent des formules plus abordables et des destinations hexagonales moins frappées par les vagues de chaleur, comme la Manche, le Calvados et la Somme.
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Cet été, Anne Zarmanian, 57 ans, ne partira pas, comme chaque année, à Narbonne (Aude). A la place, cette Parisienne se rendra avec son mari dans la baie de Somme : « Il fait tellement chaud dans le Sud que ça me paraît insensé d’aller à la plage l’après-midi. Alors on finit par rester enfermé à l’intérieur, c’est pénible. » A Cayeux-sur-Mer (Somme), cette institutrice en maternelle pourra s’adonner à ses activités préférées : se baigner dans une mer rafraîchissante, courir et se balader dans la campagne. Le trajet en voiture sera moins long, la facture moins élevée.
Après l’épisode caniculaire record en France hexagonale, fin juin – lui-même précédé par un coup de chaud historique fin mai –, la chaleur est devenue un critère essentiel dans le choix des vacanciers. Selon Airbnb, les recherches de logements équipés d’une climatisation ou offrant un accès à un lac ou à une plage ont presque doublé par rapport à 2025. La plateforme observe un fort intérêt pour les départements côtiers réputés plus frais, comme la Manche, le Calvados et la Somme.
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La montagne, appréciée pour son climat tempéré et ses tarifs souvent plus accessibles, « ne cesse de progresser » comme destination touristique depuis dix ans, souligne François de Canson, vice-président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et président du comité régional de tourisme. Sur Airbnb, les recherches augmentent notamment en Isère, dans les Hautes-Alpes et en Haute-Savoie. Chez Gîtes de France, ce sont le Jura et les Hautes-Pyrénées qui sortent du lot. Le taux d’occupation prévisionnel des stations de montagne s’élève pour juillet-août à 48,7 %, soit un point de plus que l’été précédent, selon l’Association nationale des maires des stations de montagne.
Judith Couvé et Maxime Beysecker, habitants du Vaucluse, prévoyaient de marcher dix jours sur les chemins de Compostelle, à partir du Puy-en-Velay, au mois d’août. Mais les vagues de chaleur à répétition les font douter. « On n’a toujours pas pris nos billets de train car on hésite encore entre adapter notre randonnée en marchant tôt le matin et en fin de journée, ou renoncer. Dans tous les cas, on partira une semaine et non plus dix jours », confie ce couple de 29 et 28 ans.
Attrait pour le camping
Les Zarmanian, comme eux, ne sont pas les seuls à avoir revu leurs projets. Entre les conflits mondiaux, l’inflation, la hausse des prix du carburant et les canicules, 81 % des vacanciers disent avoir tenu compte d’au moins un de ces facteurs dans la préparation de leurs vacances d’été, selon une étude de Booking.com publiée fin juin.
« Cet été, les Français s’adaptent plus qu’ils ne renoncent », résume Rémy Oudghiri, sociologue à l’IFOP. Avec en toile de fond un pouvoir d’achat contraint. Si plus de 60 % des Français envisagent de partir en vacances, selon le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc), un pourcentage stable depuis cinquante ans, cela n’est pas sans sacrifice. Ainsi, 37 % des ménages rognent sur des dépenses essentielles, comme la santé et l’alimentation, pour financer leur budget vacances, souligne une étude du Crédoc publiée en juillet.
La moitié des vacanciers interrogés par Alliance France Tourisme dans une étude publiée fin avril disaient chercher à limiter leurs dépenses, ce qui favorise les formules plus abordables. Les campings séduisent ainsi davantage : 27 % des Français ont l’intention d’y séjourner cet été, contre 17 % en 2025. Même tendance pour l’hébergement gratuit, chez des proches ou des amis, envisagé par 31 %, contre 20 % un an plus tôt. « Nous enregistrons un regain d’intérêt pour les emplacements nus, moins onéreux que ceux équipés », constate la Fédération nationale de l’hôtellerie de plein air.
Qui dit budget serré dit séjours plus court. « On retire une journée ou deux, on joue sur le standing », rapporte Valérie Boned, présidente du syndicat des Entreprises du voyage. Ou destinations moins lointaines. « La clientèle de proximité, qui cherche un lieu de villégiature dans un rayon de 200 kilomètres de son domicile, est en hausse », remarque Michel Laur, directeur général des Gîtes de France, au sujet des réservations sur son réseau. Et partout la tendance est la même : « Les Français continuent de venir, mais ils dépensent moins une fois sur place », constate Jean-Luc Boch, président de France Montagnes, l’organisme qui promeut les stations de montagne.
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